PGTHSSE : se préparer collectivement à faire face à l’exceptionnel
Un PGTHSSE – Plan de Gestion des Tensions Hospitalières et des Situations Sanitaires Exceptionnelles – est le plan d’organisation qui permet à un établissement de santé de continuer à soigner quand l’activité dépasse ses moyens habituels.
Il a remplacé et englobé l’ancien « plan blanc », dont il conserve le principe : une montée en puissance rapide et coordonnée de l’hôpital.
Ce qu’il couvre
Il distingue deux grandes familles de situations.
Les tensions hospitalières d’abord : une inadéquation entre les besoins de soins et les ressources disponibles, généralement progressive et prévisible – épidémie hivernale, canicule, saturation des urgences, absentéisme important.
Les situations sanitaires exceptionnelles ensuite : un événement brutal et de grande ampleur – afflux massif de victimes après un accident ou un attentat, risque nucléaire, radiologique, chimique ou biologique, épidémie émergente, et aujourd’hui cyberattaque paralysant le système d’information.
Comment il est construit
Le plan se décline en volets, chacun correspondant à un type de risque, avec pour chacun des circuits patients définis, des procédures écrites et un capacitaire chiffré : combien de lits, de personnels et de matériels l’établissement peut mobiliser, de jour comme de nuit.
Son pivot est la cellule de crise hospitalière, unique organe de décision et de coordination. Déclenchée par le directeur, elle doit pouvoir se constituer en un temps très court et pilote l’ensemble de la réponse : rappel des personnels, déprogrammation, ouverture de capacités, liaison avec l’ARS, le SAMU et la préfecture.
Ce qui le rend opérationnel
Un plan écrit ne suffit pas. Trois éléments le font vivre :
- Des référents SSE formés, chargés de l’animation et de la formation des équipes,
- La formation des professionnels (AFGSU et modules spécialisés : afflux de victimes, décontamination, risque biologique),
- Des exercices réguliers, partiels par volet puis globaux, qui testent réellement les circuits.
Pourquoi il est obligatoire
Le PGTHSSE relève du code de la santé publique et constitue un critère impératif de la certification HAS (3.6-01) : son absence ou son insuffisance pèse directement sur la certification de l’établissement.
Son objectif tient en une phrase : garantir qu’en situation dégradée, chaque professionnel sait où aller, quoi faire et à qui rendre compte.
Au Centre hospitalier Léon Binet
L’établissement bénéficie de deux agents nommés référents SSE, qui ont suivi l’intégralité du parcours de formation et sont devenus eux-mêmes formateurs des équipes.
De janvier à juin 2025, 86 sessions de formation ont été menées, soit près de 400 agents formés dans l’ensemble et directement dans les services.
Une nouvelle vague de sensibilisation démarrera en septembre 2026 et l’année se terminera avec un exercice de simulation !
Retrouvez la vidéo de présentation et de formation interne à destination des professionnels du Centre hospitalier Léon Binet : PGTHSSE CH Provins – Formation & Présentation – YouTube